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Ces labels qui comptent ou qui ont compté (pour moi) : Made in USA...


Amphetamine Reptile :

Comme pour beaucoup d'autres choses, c'est Manu qui m'a fait découvrir ce label, vers 1994 ou 1995, en même temps que Touch&Go, Alias et consorts. C'était toujours le même processus, Manu me faisait des compiles en cassette de toute beauté, aux noms improbables, avec des groupes dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'alors. C'était assez Noisy, et les enchainements étaient terribles. Il piochait dans son immense discothèque des titres et assemblait tout ça avec savoir-faire et un certain raffinement. Je n'ai plus ces cassettes malheureusement, mais elles m'ont marqué durablement. Au point où certains titres ne peuvent toujours pas fonctionner l'un sans l'autre. Du label de Minneapolis, AmRep, c'est de mémoire un morceau (je crois que c'était "Never") tiré du premier album de Chokebore "Motionless" qui m'a plongé dans l'univers de ce label. Bien entendu, je n'en savais rien. Mais comme j'étais quand même d'un naturel curieux, quand un morceau m'interpellait, je demandais à Manu de m'en dire plus sur le groupe en question. Souvent il me prêtait un album du groupe, et je le découvrais du coup sur la longueur. Ce premier album de Chokebore eut un effet "bœuf" sur moi, le genre de phénomène qui n'arrive pas tous les quatre matins. Une véritable révolution, qui change la vie (n'ayons pas peur des mots) et qui ouvre des perspectives inouïes. La cover de "Motionless" était curieuse et peu ragoutante, et je dois bien avouer qu'elle ne me plaisait guère. Cet œil avec ces hameçons, étrange et dérangeant (la cover de Chokebore la plus laide qu'ils aient pu proposer à mon humble avis). Par la suite, j'aurai une vision plus générale de l'ensemble des productions du label, et je mesurerai pleinement ce positionnement graphique (légèrement provoquant), me laissant tout de même quelque peu dubitatif. Cette esthétique ne me correspondait pas et il m'a fallu aller au-delà, bien souvent, dépasser ces a priori, pour rentrer dans l'univers de certains groupes de l'écurie de Tom Hazelmyer. L'esprit "Comics" de certaines covers me convenait davantage, mais globalement un paquet de dessinateurs et illustrateurs ont marqué le label. Avec Chokebore j'appréhendais un nouveau monde, celui d'une Noisy mélodique, énergique certes, mais profondément mélancolique. La voix de Troy Von Balthazar n'était certainement pas étrangère à ce ressenti. Les chansons de "Motionless" étaient puissantes, bruyantes mais torturées à souhait. Dès lors, je m'abandonnerais totalement à cette musique, à ce projet, pour la vie. Dans la foulée de ce prêt, j'achetais le second album des Hawaïens, qui sortait tout juste "Anything near water" (95) à la fnac d'Orléans. Et encore une claque. La chronique du fanzine Octopus (le n°2) au sujet de ce disque était dithyrambique et la filiation aux Pixies cohérente. J'étais aux anges. Ce second opus fût l'un de mes albums de l'année, et ne quitta que très rarement ma platine ou mon autoradio. Il me semble avoir, dans la foulée, passer commande chez Sugar&Spice pour choper le premier album et ainsi posséder la disco réduite pour l'heure du groupe. C'est donc par cette porte là que je suis rentré dans le catalogue d'AmRep. Manu m'en a proposé pleins d'autres, des portes, sur ses cassettes. Après Chokebore, ce fût je crois Helmet et les Melvins (ces derniers ont sorti bien sûr des disques sur pleins d'autres structures). Bien moins évident, bien moins Pop finalement. De la fureur, du gros son et du Hardcore, voilà de quoi il en retournait. Helmet avec un premier album "Strap it on", assez méconnu et une poignée de 7' (les gens connaissent finalement surtout "Betty"), que j'écoutais surtout en bagnole, à blinde. Après ce disque la bande de Page Hamilton est allé voir ailleurs. Quant aux Melvins je n'ai jamais pu les écouter au-delà de trois ou quatre morceaux. Sur la durée d'un album j'avais du mal. Leur musique finissait par me lasser, même si je dois confesser qu'il y a des titres que j'affectionne particulièrement. Je conviens aisément aussi qu'ils font partie de ces groupes influents et innovants. Leur discographie est vaste, et ont fréquenté un grand nombre de labels (Impecac, Atlantic, Alternative Tentacle...). Sur AmRep c'est surtout avec leur 7' collectors qu'ils se font fait remarquer (et 3 albums). Aphetamine Reptile fondé par Hazelmayer en 1986, tout d'abord dans l'état de Washington alors qu'il était Marine, avait monté ce label pour éditer les disques du groupe dans lequel il officiait : Halo Of Flies. Peu de temps après il déménagera très vite sur Minneapolis et deviendra l'un des plus signifiants labels indés américains des années 90. On ne compte plus les groupes découverts par son intermédiaire ou tout simplement avec lesquels il a collaboré (Boss Hog, Killing Joke...). De mon côté après les Melvins et Helmet, ce fût Today Is The Day, puis les Cows, toujours aussi sauvage, puis Hammerhead, Unsane, Guzzard, Helios Creed, Surgery... Rien que du bruit. En dehors de Chokebore c'est Lowercase qui m'a le plus marqué de toutes les autres signatures du label. Là encore un projet radical avec un "son" très singulier, et l'esthétique d'une musique tendue, musclée mais contenue et remplie de nostalgie. Les deux premiers albums restent des chefs-d'œuvre.


Trance Syndicate :

Ce label-là, je l'ai découvert tout seul. De fil en aiguille, de groupes en groupes. J'y suis rentré avec Distorted Pony. Je commandais régulièrement des disques via Sugar&Spice, le mail-order très Noisy, implanté du côté de Lyon. Ils proposaient des tas de skeuds, de labels indé, notamment US, que l'on trouvait nulle part. C'était vertigineux. Il y en avait des wagons. Le catalogue était très épais, et on pouvait y trouver une somme d'informations infinies, tous les disques y étaient décrits et c'était souvent très instructif. J'avais lu quelques lignes sur le projet de Los Angeles, et j'avais commandé "Instant Winner", leur second opus, sur la seule foi d'un avis très favorable du mail-order. Il était sorti en 1994, j'avais dû le commander quelques mois après. Je ne sais plus si j'avais pris autre chose, sans doute, pour rentabiliser les frais d'expédition. Mais je me souviens bien de ma stupeur en découvrant l'album. Je n'avais jamais entendu un truc pareil, même si Manu avait commencé à m'initier aux sons "Indus et Noisy" (Bastärd, Grotus...). On aurait dit du Cop Shoot Cop mélangé à du Slint, mais en bien plus barré, en bien plus jusqu'au boutiste, en moins Pop finalement... Une musique rouleau compresseur, incisive, répétitive, décapante, très borderline. Passé l'étonnement, il m'aura fallu plusieurs écoutes pour en apprécier toute la subtilité. Aujourd'hui c'est sans doute un des albums Noisy qui m'a le plus marqué. Dès lors j'ai commencé à m'intéresser de plus près à ce label. C'est comme ça que j'ai appris qu'il s'agissait d'une structure fondée par King Coffey, le batteur des Butthole Surfers. Sa première sortie datait de 1990 (et un album de Crust) et son siège était au Texas (forcément), à Austin. J'ai commencé à décortiquer le label lentement. C'est mon copain Stéphane d'Orgasm records qui me fît poursuivre ma quête, en m'évoquant Bedhead texan, cette fois-ci de Dallas. C'était un projet qu'il appréciait alors j'ai voulu en savoir plus. Une carrière assez courte (1994-1998), et l'ensemble de sa discographie sur le label de Coffey. là Il s'agissait davantage d'Indie Rock, mais de qualité exceptionnelle. Des chansons époustouflantes, énergiques certes parfois, mais souvent profondément tristes. Derrière ce projet, les frères Kadane (Matt et Bubba), avec un talent de composition phénoménal : des lignes de guitares magiques, un songwriting passionnant, à des années lumières de l'univers de Distorted Pony. Ensuite ce fût Paul Newman, un projet plus Post-Rock, Post Slint en somme. Plutôt bien foutu. Puis les quelques sorties des Butthole Surfers (que l'on ne présente plus), et enfin Cherubs, Roky Erickson, Ed Hall... jusqu'à Windsor For The Derby (des types de Floride mais basé à Austin) et la découverte de leurs deux premiers albums, et leur Post-Rock expérimental avec des éléments électroniques. Récemment j'ai même réussi à choper un split incroyable entre deux magnifiques projets (résidents habituels de Kranky) entre Stars of the Lid (mais bon des texans aussi) et Labradford. De toute beauté. Trance Syndicate stoppera ses activités à peine neuf ans après sa mise en route, en 1999. Un temps, le label Emperor Jones fera perdurer le catalogue à travers le sien. Un temps seulement.


Sub Pop :

Sur ce label je n'en ferai pas des caisses, tant tout a été dit, tout a été écrit à son sujet. Et tout un chacun peut visiter la page wikipédia de la structure pour connaître précisément son histoire. Pour mon compte, j'ai connu Sub Pop vers 94 également c'est à dire bien après sa création (1986). C'est avec l'achat d'un album de Sebadoh "Bubble & Scrape" (93). Manu m'avait évoqué ce groupe, et m'avait enregistré évidemment des titres sur ses fameuses cassettes. J'avais chopé ce disque à Orléans encore une fois. Il m'avait enflammé. Je l'écoutais sans relâche, en bagnole, BO de mes multiples road-movies. 17 morceaux, courts, bruts et synonymes de spontanéité avec lesquels Sebadoh s'affirme comme l'un des chantres de la LoFi (enregistré sur un 4 pistes dans sa cuisine, dont je ne connaissais pas encore l'existence ni le sens). Un album fondateur pour moi, qui là encore m'ouvrira des perspectives infinies (toute la LoFi et bien plus). Quelque mois plus tard, ce sera la sortie de "Bakesale", toujours sur Sub Pop, et ce dernier confirmera tous les espoirs que j'avais fondé au sujet de la bande à Barlow. Après de Sub Pop, Manu me fit découvrir un paquet de groupes desquels j'étais passé totalement à travers. Il y eut Mudhoney (dont je ne me suis jamais remis, et pour lesquels j'ai une admiration sans limite), mais aussi Screaming Trees, Soundgarden (avec les Eps), L7, et bien sûr Nirvana (Manu me fit écouter "Bleach" et m'expliqua l'histoire du groupe). Nirvana j'en étais resté à l'énorme succès en 91 du second opus (lors de mon service national), et je ne savais pas qu'ils avaient participé aux heures dorées de Sub pop (indirectement quelques temps après grâce aux royalties de "In Utero" et bien sûr "Nevermind", et le regain d'intérêt pour "Bleach"). A partir de ce moment-là, je comprendrai (enfin) le rôle du label de Seattle dans l'émergence du "Grunge" et de la scène locale. La suite depuis 94 est une succession de disques majeurs pour le label. En croisant mes lectures, les avis des uns et des autres, je m'intéresserai rapidement à Codeine et l'album "Frigid Stars LP" sorti en 90 (et toute la discographie assez réduite). Là aussi je ne m'en remettrai bien sûr jamais. Un groupe fondamental, proposant son slowcore sombre et torturé, dans un genre différent, mais tout aussi important que "Tweez" de Slint. Au fil du temps et des péripéties, Sub Pop est devenu un géant de l'Indé, proposant un catalogue hors du commun avec des projets captivants et exaltants. En premier desquels, Low, digne héritier de Codeine justement. Je reviendrai bien plus longuement sur le groupe de Sparhawk et Mimi Parker, et son immense discographie. Sub Pop c'est une liste de projets aussi géniaux les uns que les autres, avec finalement assez peu de "ratés". C'est des disques des Afghan Whigs (là aussi râce à Manu), d'Eric Matthews, des Walkabouts, des Vaselines (grosse influence de Cobain), de Band of Horses, des Beat Happening (Calvin Johnson, on va en reparler)... C'est Pond, ce groupe de Portland qui vont sortir deux albums lumineux chez eux. Deux ovnis, dont plus personne ne parle. C'est Manu aussi qui m'avait copié sur une cassette le titre "Young splendor". J'en étais dingue. J'avais trouvé le second album dans une solderie de Cd au Grau du Roi. Le premier j'ai réussi à le choper, mais plus tardivement. Ces disques, je les ai poncer, comme on dit, je peux vous l'assurer. Plus tardivement The Album Leaf, Comets on Fire, Kinski, The Postal Service, Wolf Parade ou Eyes, ouvrant ainsi de nouveaux champs d'investigations (plus électronique aussi). Sub Pop n'est plus un label indé, au sens propre du terme. Warner est désormais aux manettes (depuis la fin des années 90).

Matador records :

Là non plus je n'insisterai pas. Matador encore un label indé qui n'en ai plus un (racheté par Capitol en 93, puis racheté par ses fondateurs, puis désormais en association avec Beggars Group). C'est toujours la même histoire, l'histoire du business à l'américaine. Au départ, petite structure fondée à New York par Chris Lombardi, et rejoint par Gerard Cosloy (arrivé de chez Homestead records), Matador va devenir l'un des "mastodons" de la musique Indé au même titre que Sub Pop. Les premiers enregistrements qui sortent, c'est un Ep de H.P. Zinker et DUSTdevils, puis un album de Superchunk (deux autres suivront avant qu'ils ne partent sur Merge records, leur propre label) et la signature en License pour les States de Teenage Fanclub. Apparaissent les historiques come Railroad Jerk et Circle X, puis à partir de 1992 Come et Pavement. De Matador, Manu en premier lieu m'a inimitié aux deux derniers (bon Teenage Fanclub je m'étais familiarisé à eux plus tôt par leur label initial Creation). Come et Pavement, deux groupes différents, des esthétiques éloignées, mais bordel quelle découverte. De Come cela devait être un titre tiré de "Don't ask don't tell", je m'en souviens encore. Je l'avais découvert de nuit en rentrant d'une bringue, en bagnole. J'avais mis dans l'autoradio une cassette de Manu, que je n'avais pas encore écouté. Et soudain ce titre, une claque. Il faisait chaud, c'était presque le petit matin. Je roulais les vitres ouvertes, pour fumer et décuver un peu. J'ai dû finalement ralentir ma cadence, pour pouvoir l'écouter plusieurs fois. A partir de là, plus rien ne m'a échappé du groupe. Jusqu'à aujourd'hui et cette tournée récente (et la sortie de leur Peel Session). Pavement depuis le début m'a accompagné là aussi, tout au long de mon existence (de 92 à 97 au moins). Pavement est le groupe maison de Matador, sur lequel ils ont misé gros. A raison. Le groupe de Malkmus est un monument de l'indie LoFi. Rien n'est à occulter, tout est bon à consommer sans réserve. Manu m'initia aussi au Jon Spencer Blues Explosion avec "Extra Width", peu de temps avant la sortie de "Orange". Encore un joyau. Après, je fis mon bonhomme de chemin dans les trésors du label, au parcours irréprochable : Yo La Tengo, Liz Phair, Helium, Mecca Normal, Guided By Voices (signé chez eux à partir de 94), Chavez, Silkworm... En 95 il y aura aussi l'arrivée de The For Carnation, encore une déflagration, pour ce projet réunissant une partie des membres de Slint avec des types de Tortoise ouvrant (avec Rex) la voie à une veine musicale Post-Rock, Experimental, Folk qui marquera la fin des années 90 (Pullman, David Pajo et tous ses avatars Aerial M, M,Papa M, Brokeback...). For Carnation chez Matador c'est un mini album et un Ep, et ils jettent les bases d'une musique intemporelle qui nourrira toute la galaxie de Chicago pour un moment. Sur Matador, c'est l'assurance de ce qui peut se faire de mieux aux States. En 96 Cat Power arrive sur le label, c'est l'apparition de Spoon, c'est la signature de Bardo Pond, avec l'album "Amanita", chef d'œuvre de Pysche et de gros son, après l'album magistral et annonciateur"Buffo alvarius" chez Drunken Fish. La compile "What's Up Matador" illustre bien cette première partie de vie du label. Je vous conseille son écoute. 27 ans plus tard le label est toujours là, traversant toutes les turbulences de l'industrie musicale et faisant régulièrement la une dans les médias et chez les auditeurs lambda (n'oubliez pas Interpol). Jugez par vous-même, en 2023 un nouvel album encensé de Spoon, un nouveau Belle and Sebastian signés sur le label depuis 2015, un nouveau Yo La Tengo... Le label tourne ainsi avec ses fidèles signatures et quelques nouveautés (néanmoins rarement aussi passionnantes que lors des années 90).

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