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Theatre Of Hate "Westworld" (Burning Rome Records, 1982)

kocat
il y a 2 heures
12 min de lecture

Quelque fois on rencontre des disques au moment exact où ils sont censés entrer dans notre vie, lorsque leur musique correspond à notre âge, à nos préoccupations, à l'époque que nous traversons et à cette étrange disponibilité que l'on possède parfois adolescent pour recevoir les choses avec une intensité que l'on ne retrouvera jamais tout à fait. Et puis il y a ceux que l'on découvre beaucoup plus tard, alors même qu'ils auraient pu, rétrospectivement, occuper une place évidente dans notre parcours. "Westworld" de Theatre of Hate appartient pour moi à cette seconde catégorie, celle des rendez-vous manqués qui finissent pourtant par avoir lieu, parfois des années après, lorsque l'on possède suffisamment de références pour comprendre ce que l'on entend, mais aussi suffisamment de recul pour ne plus avoir besoin de le replacer à tout prix dans une époque ou dans une chapelle musicale.

Je n'ai donc pas découvert Theatre of Hate au début des années 1980, alors que le groupe construisait l'un des sons les plus singuliers de cette scène britannique qui, dans le sillage du Punk, semblait vouloir repousser sans cesse les frontières de ce qu'un groupe de Rock pouvait devenir. Mon premier contact avec Kirk Brandon est arrivé par un autre chemin, celui de Spear of Destiny, que David m'avait fait découvrir lorsque nous étions en seconde. C'est un souvenir qui me revient avec une certaine précision parce que les découvertes musicales de cette période sont rarement dissociables des personnes qui les ont provoquées. Il y avait souvent ce pote pour me tendre une cassette, me faire écouter un disque ou simplement prononcer le nom d'un groupe dont j'ignorais encore l'existence, et derrière ce geste apparemment anodin se trouvait parfois une partie entière de ma future culture musicale.


Spear of Destiny m'était donc arrivé avant Theatre of Hate. J'avais découvert Kirk Brandon à travers ce groupe, avec cette voix immédiatement identifiable, cette façon de chanter qui ne cherche jamais vraiment la séduction et semble toujours conserver quelque chose de tendu, presque fiévreux, comme si la chanson devait rester en équilibre entre la mélodie et la menace. Je ne savais pas encore que cette voix avait déjà trouvé, quelques années auparavant, un terrain d'expression particulièrement radical avec Theatre of Hate. Je n'avais pas encore remonté le fil. Il aura fallu attendre.

Et lorsque j'ai finalement découvert Westworld, il y avait quelque chose d'assez troublant à constater que je connaissais déjà, en quelque sorte, une partie de l'histoire sans en avoir rencontré le commencement. J'écoutais Spear of Destiny et je remontais soudain vers Theatre of Hate, comme on retrouve, derrière une œuvre que l'on connaît, une période antérieure qui permet de mieux comprendre les obsessions, les sonorités et les choix d'un musicien. Cette découverte rétrospective n'avait évidemment plus la même innocence que si j'avais acheté "Westworld" en 1982, mais elle possédait une autre richesse : celle d'une écoute débarrassée de l'urgence de l'époque et nourrie par plusieurs décennies de musique.


Avant même d'écouter le disque, il y a cette pochette, immédiatement identifiable et profondément liée à l'imaginaire du groupe. Elle appartient à une période où la pochette de disque pouvait encore constituer une véritable porte d'entrée dans l'œuvre, où elle ne servait pas uniquement à présenter un artiste mais participait pleinement à la construction de son identité. Dans cette première moitié des années 1980, certaines formations avaient compris que la musique seule ne suffisait pas à créer un univers et qu'une image, une typographie, une couleur, une photographie ou une composition graphique pouvaient contribuer à donner au disque une existence particulière avant même que la première note ne soit entendue.

"Westworld" possède précisément cette force-là. La pochette ne donne pas l'impression de vouloir rassurer l'auditeur ou de lui fournir immédiatement les clés de compréhension du disque ; elle semble au contraire appartenir au même territoire ambigu que la musique, quelque part entre le western, ou même une idée de Révolution (avec un côté presque internationaliste, carrément politisé on peut dire) comme une vision beaucoup plus sombre de la civilisation occidentale. Le titre lui-même contient déjà cette contradiction. Le "Westworld" de Theatre of Hate n'est pas vraiment celui d'un monde triomphant, héroïque et mythologique telle que le cinéma l'a parfois représenté, mais plutôt un territoire mental dans lequel les grands récits de l'histoire semblent avoir perdu leur innocence.

C'est aussi ce qui rend le disque si caractéristique d'une certaine sensibilité britannique du début des années 1980. Une époque où l'on observe souvent le monde, à distance, comme un décor fascinant et inquiétant à la fois. Elle représente la puissance, le rêve, la violence, le cinéma, des promesses, mais aussi une certaine idée de la "modernité" qui commence alors à montrer ses fissures. Theatre of Hate transforme cette imagerie en matière musicale et donne à son disque une dimension presque cinématographique, sans jamais tomber dans la simple illustration.


Pour comprendre "Westworld" peut-être, il faut revenir brièvement à Theatre of Hate et à Kirk Brandon. Le groupe apparaît au tout début des années 1980, dans cette période particulièrement féconde où la première déflagration Punk a déjà eu lieu et où une nouvelle génération de musiciens cherche à comprendre ce qu'elle peut faire de cette liberté nouvellement acquise. Brandon avait auparavant joué avec The Pack, avant de constituer Theatre of Hate avec notamment Stan Stammers, John "Boy" Lennard et Luke Rendall, tandis que plusieurs musiciens passeront par la formation au cours de son existence relativement brève.

Cette histoire est importante parce que Theatre of Hate appartient à une génération qui a parfaitement compris que le Punk ne devait pas nécessairement être reproduit pour continuer à exister. Ce qui comptait n'était plus tellement de conserver une esthétique que de conserver une attitude, cette volonté de ne pas accepter les règles musicales établies et de chercher ailleurs les moyens d'expression. C'est dans cette perspective que "Westworld" me paraît aujourd'hui beaucoup plus intéressant que ne le laisserait supposer l'étiquette "Post-Punk" que l'on lui colle naturellement.

Le disque possède encore l'urgence et la tension héritées du Punk, mais il refuse sa simplicité formelle. Les morceaux sont travaillés, construits, arrangés, et surtout traversés par une véritable volonté d'atmosphère. Theatre of Hate ne cherche pas seulement à produire de l'énergie ; le groupe cherche à créer un climat, une profondeur, une forme de narration musicale dans laquelle chaque instrument semble avoir une fonction précise.

C'est particulièrement évident avec le saxophone de John "Boy" Lennard, élément essentiel du son du groupe. Dans beaucoup de formations de cette époque, l'arrivée d'un saxophone pouvait être utilisée comme une couleur supplémentaire, parfois comme une manière de se distinguer du Rock traditionnel, mais chez Theatre of Hate il devient presque une voix supplémentaire. Il apporte aux morceaux une dimension inquiétante et parfois majestueuse, comme s'il venait élargir l'espace sonore au lieu de simplement l'orner. Cette présence contribue largement à faire de "Westworld" un disque qui ne ressemble finalement qu'à lui-même.

La basse (énorme), les guitares, la batterie et le saxophone ne sont jamais simplement alignés les uns à côté des autres. Ils participent à une architecture sonore qui peut sembler dépouillée au premier abord alors qu'elle est en réalité extrêmement réfléchie. C'est l'une des qualités que j'apprécie le plus dans cet album : derrière une apparente rudesse se cache un travail de composition et d'arrangement qui révèle progressivement ses détails.

La production de Mick Jones (qui partageait largement les mêmes idées gauchistes), le guitariste de The Clash, est évidemment importante dans cette évolution. Jones appartient lui-même à cette génération qui avait compris que l'énergie du Punk ne devait pas empêcher la musique de s'enrichir d'autres influences. Avec Theatre of Hate, il accompagne donc une formation qui cherche elle aussi à dépasser les limites initiales du mouvement sans perdre ce qui faisait sa force.


Mais au milieu de cette construction sonore, il reste Kirk Brandon, et c'est peut-être lui qui donne au disque sa véritable cohérence.

Sa voix est difficile à comparer. Elle n'a rien de parfaitement lisse ni de naturellement séduisant et c'est justement cette rugosité qui lui donne sa personnalité. Brandon possède cette manière très particulière de placer son chant entre la diction et la mélodie, comme si chaque mot devait conserver une certaine dureté. Il ne cherche pas à disparaître derrière les compositions et ne semble jamais vouloir transformer les chansons en simples véhicules mélodiques.

C'est une voix qui impose un personnage sans avoir besoin de jouer au personnage, parce que son timbre contient déjà quelque chose de suffisamment singulier pour donner aux morceaux leur tension. Lorsque je l'entends aujourd'hui sur "Westworld", je retrouve évidemment celui que j'avais découvert quelques années plus tard avec Spear of Destiny, mais j'ai aussi le sentiment d'entendre une version plus brute, encore moins domestiquée de cette personnalité vocale.

Et cette proximité rend ma découverte de Theatre of Hate d'autant plus intéressante. Je peux entendre les prémices de ce qui deviendra Spear of Destiny, mais sans avoir l'impression que "Westworld" n'est qu'une étape vers autre chose. C'est au contraire un disque qui possède sa propre logique et dont la brièveté de l'existence du groupe ne fait que renforcer aujourd'hui le caractère particulier.


Ce qui me frappe le plus lorsque je reviens au disque est finalement son audace. Pas une audace spectaculaire ou démonstrative, mais une audace de composition qui consiste à ne pas se satisfaire des recettes disponibles. Theatre of Hate aurait pu se contenter de jouer une musique sombre, tendue et agressive, suffisamment conforme à l'air du temps pour trouver naturellement sa place dans les rayonnages consacrés au Post-Punk. Le groupe choisit autre chose en travaillant davantage ses compositions et en construisant un univers dans lequel la musique, les textes, la voix et les arrangements semblent constamment dialoguer.

"Do You Believe in the Westworld ?" est évidemment le morceau le plus emblématique de cette démarche. Il possède cette ligne mélodique immédiatement mémorisable, mais elle est portée par une instrumentation qui lui donne une dimension presque hypnotique. La chanson avance avec une sorte d'obstination, comme si elle traversait un paysage désertique sans jamais véritablement savoir où elle allait aboutir. La rythmique installe une tension continue tandis que le saxophone et les guitares donnent au morceau cette coloration si particulière qui fait immédiatement penser à Theatre of Hate.

Le morceau est d'ailleurs suffisamment accessible pour connaître un véritable succès au Royaume-Uni, mais son intérêt ne réside pas uniquement dans son efficacité. Ce qui me plaît, c'est justement le décalage entre cette capacité à produire un morceau mémorable et la complexité de l'univers qui se trouve derrière lui. Theatre of Hate n'est jamais complètement expérimental, jamais complètement Pop, jamais complètement Punk, et c'est précisément cette position intermédiaire qui fait la richesse du disque.

D'autres morceaux permettent de mesurer cette diversité. "The Wake" possède une tension plus sombre et presque cérémonielle, tandis que "Judgement Hymn" développe une dimension plus ample et dramatique. "Love Is a Ghost" apporte une tonalité différente, davantage tournée vers la mélancolie et l'intime, comme si le disque pouvait quitter momentanément ses paysages politiques et ses références cinématographiques pour s'approcher de quelque chose de plus personnel. En parlant de cinéma, comment ne pas s'enthousiasmer sur "Freaks" et sa frénésie, hommage au film de Tod Browning ou s'émouvoir jusqu'au larme sur "Anniversary", long titre avec sa basse ronde, son saxo déchirant, la voix sublime de Brandon et sa mélodie à couper le souffle...

Cette variété est importante parce qu'elle empêche "Westworld" de devenir un simple exercice de style. Il y a des atmosphères différentes, des changements de rythme, des respirations et des arrangements qui donnent au disque une profondeur que l'on ne perçoit pas nécessairement à la première écoute.


Je ne peux évidemment pas séparer complètement mon écoute de "Westworld" de cette découverte initiale de Spear of Destiny en seconde. La musique a cette particularité merveilleuse de permettre aux souvenirs de fonctionner dans les deux directions : nous nous souvenons de la première fois où nous avons entendu un artiste, puis un jour nous découvrons ce qui existait avant cette rencontre et ce passé vient modifier le souvenir initial.

C'est exactement ce qui s'est produit avec Kirk Brandon.

David m'avait fait découvrir Spear of Destiny à une époque où j'étais en train de construire, comme beaucoup d'adolescents passionnés de musique, une cartographie personnelle dans laquelle chaque nouveau groupe venait rejoindre ceux que j'avais déjà découverts. Il y avait les disques que je connaissais parce qu'ils étaient partout, ceux que l'on trouvait dans les magazines et les magasins, et puis il y avait ceux que l'on découvrait par l'intermédiaire d'un copain, d'une cassette ou d'une conversation. Ces découvertes-là possédaient une valeur particulière parce qu'elles étaient associées à une histoire.

Des années plus tard, lorsque Theatre of Hate est arrivé dans cette cartographie déjà beaucoup plus vaste, le groupe n'était donc pas un inconnu absolu. Kirk Brandon avait déjà une voix dans ma mémoire. Il fallait simplement que je comprenne d'où elle venait.

Cette manière de découvrir un groupe à rebours est finalement assez révélatrice de la façon dont fonctionne la culture musicale. Nous ne découvrons presque jamais les choses dans l'ordre chronologique. Nous arrivons par un morceau, puis par un autre groupe, puis par une compilation, puis par un musicien qui a joué ailleurs, et soudain toute une généalogie se dessine. Le plaisir consiste alors autant à écouter qu'à comprendre les liens.


Il serait facile aujourd'hui de considérer "Westworld" comme un disque typique de son époque, de l'enfermer dans le début des années 1980 et de le regarder comme l'un des nombreux témoignages de la transition entre Punk et Post-Punk. Mais cette lecture, si elle n'est pas fausse, me paraît insuffisante.

Car le disque a quelque chose qui résiste à son contexte.

Il porte évidemment les inquiétudes de son temps, et notamment cette atmosphère de tension politique et de frayeur face à la question nucléaire qui traverse une grande partie de la musique britannique de cette période, mais il ne se réduit jamais à un commentaire historique. Sa manière d'utiliser les références au western (entre autre), ses arrangements, la place du saxophone et surtout cette combinaison entre tension Rock et atmosphère presque cinématographique lui donnent une identité qui dépasse largement la simple photographie d'une époque.

C'est peut-être pour cela que je peux l'écouter aujourd'hui sans avoir besoin de le replacer artificiellement dans son contexte pour lui trouver une raison d'exister. Il possède suffisamment de personnalité pour continuer à fonctionner en dehors du moment qui l'a vu naître.

Et c'est aussi ce qui explique, je crois, pourquoi certaines découvertes tardives sont parfois plus fortes que les découvertes faites au bon moment. Lorsque l'on est adolescent, on reçoit les disques avec une forme d'urgence qui peut être extraordinaire mais qui nous empêche parfois d'entendre tout ce qu'ils contiennent. Plus tard, on dispose d'autres références, d'une autre culture musicale, d'une autre expérience de l'écoute. On peut entendre les influences, les filiations, les choix de production, les détails d'arrangement qui nous auraient peut-être échappé quelques décennies auparavant.


Theatre of Hate n'aura finalement pas bénéficié d'une longue carrière sous cette forme. Le groupe s'est séparé alors même qu'il avait réussi à construire une identité forte et à obtenir une reconnaissance réelle. Brandon allait ensuite poursuivre son parcours avec Spear of Destiny, et plusieurs des musiciens qui avaient participé à Theatre of Hate allaient eux aussi continuer leur chemin dans d'autres formations (Billy Duffy dans The Cult par exemple).

Cette brièveté participe certainement à la mythologie du groupe, mais je préfère considérer "Westworld" non comme le vestige d'une carrière interrompue mais comme l'aboutissement d'un moment précis. Il n'est pas nécessaire qu'un groupe dure vingt ans pour laisser une trace durable, pas plus qu'un artiste n'a besoin d'une discographie interminable pour produire un disque qui continue à être écouté.

Il y a quelque chose d'assez émouvant dans ces trajectoires interrompues, surtout lorsqu'elles correspondent à des groupes qui avaient encore beaucoup de choses à dire. On peut toujours imaginer ce qu'aurait pu devenir Theatre of Hate, quelles directions le groupe aurait empruntées, comment son écriture aurait évolué avec les années 1980, quelles influences auraient fini par entrer dans sa musique. Mais ces hypothèses appartiennent finalement à ceux qui regardent l'histoire après coup. Le disque, lui, demeure exactement là où il doit être.

En sachant que le groupe se reformera en 1991 et sortire "Ten Years After" en 93, un deuxième album enregistré en 82, sorti dix ans plus tard. Le groupe continue d'ailleurs, et sa discographie depuis s'est développée ( j'avoue que je n'en connais absolument pas la teneur).


Lorsque je réécoute "Westworld", je n'entends donc pas simplement un album Post-Punk ou Gothique, du début des années 1980. J'entends aussi le chemin qui m'y a conduit, cette découverte de Spear of Destiny grâce à David, puis beaucoup plus tard cette volonté de remonter vers Theatre of Hate pour comprendre ce qui avait précédé. Je l'écoute avec tout ce que les années ont ajouté entre-temps : les centaines de disques accumulés, les concerts, les découvertes, les enthousiasmes, les déceptions, les groupes que l'on a oubliés et ceux qui sont restés, les modes musicales qui ont disparu et celles qui sont revenues sous d'autres formes.

C'est probablement ce qui me plaît dans les disques que l'on découvre tard : ils ne sont plus seulement les témoins de leur époque, ils deviennent également les témoins de notre propre parcours. "Westworld" raconte évidemment quelque chose de Theatre of Hate, de Kirk Brandon et de cette Angleterre musicale qui cherchait, après le Punk, de nouvelles formes d'expression, mais il raconte désormais aussi quelque chose de mon propre itinéraire d'auditeur, parce qu'il vient compléter une histoire qui avait commencé plusieurs années auparavant.

Et finalement, ce qui reste, lorsque les références et les étiquettes s'effacent, c'est cette sensation assez rare d'avoir découvert un disque qui possède encore suffisamment de matière pour donner envie d'y revenir. "Westworld" est riche sans être démonstratif, travaillé sans perdre son urgence, sombre sans être uniforme, et surtout suffisamment singulier pour ne pas se dissoudre dans la masse considérable des albums produits à cette époque. La voix de Kirk Brandon lui donne son caractère, le saxophone de John Lennard élargit considérablement son paysage sonore, les arrangements donnent aux compositions une profondeur que l'on découvre progressivement, et l'ensemble forme un disque qui semble constamment osciller entre le Rock, la tension Post-Punk, le cinéma imaginaire et l'engagement politique même.

Je regrette évidemment de ne pas avoir connu Theatre of Hate à l'époque où le groupe existait, lorsque "Westworld" était encore un disque contemporain et non un album que l'on redécouvre plusieurs décennies après sa sortie. Mais je ne suis pas certain que cette découverte tardive soit réellement un regret. Elle appartient désormais à mon histoire musicale, exactement comme toutes ces rencontres qui ne se produisent pas dans l'ordre où elles auraient dû se produire et qui, pourtant, finissent par trouver leur place.

Il aura donc fallu partir de Spear of Destiny pour remonter jusqu'à Theatre of Hate, passer par Kirk Brandon pour découvrir ce qui avait précédé, et attendre des années avant que "Westworld" ne trouve enfin son chemin jusqu'à moi. Peut-être est-ce finalement une assez belle manière de rencontrer un disque : non pas au moment où tout le monde vous explique pourquoi il faut l'écouter, mais lorsque vous êtes devenu suffisamment disponible pour comprendre ce qu'il avait à vous dire.


 
 
 

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